Pierre Fermat était un homme très occupé, ses lettres le montrent sans cesse écartelé entre les obligations de sa
charge et sa passion pour les mathématiques. "Ce serait maintenant à mon tour à vous débiter
quelques-unes de mes inventions numériques, mais la fin du Parlement
augmente mes occupations" (lettre à Pascal, 29 août 1654).
Fermat n’a rien publié de son vivant. Nous ne connaissons ses travaux et ses réflexions que par des
annotations dans des ouvrages et par la très riche correspondance
qu’il entretenait avec les savants de son siècle.
Heureusement, Samuel-Clément Fermat, s’est consacré à la sauvegarde de ces documents. Ainsi une partie de
l’oeuvre de Pierre de Fermat put être publiée à la fin du XVIIème siècle
puis rééditée au XIXème siècle. Elle est en cours de réédition.
Une oeuvre non publiée
Peu de publication de ses travaux a été faite
du vivant de Fermat. On a retrouvé une dissertation géométrique, signée de ses
initiales, en 1660, en annexe d'un volume sur la cycloïde publié à
Toulouse par le père jésuite Antoine de Laloubère. En 1670, cinq ans
après la mort de son père, Samuel Fermat fait paraître le
"Diophante" de Bachet de Méziriac annoté de la main de
Pierre Fermat, ainsi qu'un certain nombre de lettres de celui-ci. En
1679, il publie sous le titre "Varia Opera Mathématica" les
oeuvres de son père qu'il a pu rassembler.
Au début du XIXème siècle, sous le Consulat, on fit faire des copies
des textes de Fermat conservés, depuis l'époque de Mersenne, dans les archives du
couvent des Minimes de Paris.
Il faudra attendre la fin du XIXème siècle, plus de 230 ans après sa
mort, pour que paraisse enfin ce que l'on a pu retrouver de l'oeuvre de
Fermat. Pourtant, dès l'annonce de son décès, certains de ses
contemporains conscients de l'importance de ses recherches se
préoccupaient de la conservation de ses écrits. Témoin cette lettre de Huygens à
Carcavi : "J'espère cependant qu'on ne
laissera pas perdre ce qu'il reste de ses écrits, et puis que vous avez
toujours esté de ses intimes amis, je ne doute pas que vostre
intervention auprès de ses héritiers ne soit de grande efficace pour
tirer de l'obscurité de si excellentes reliques".
Une publication tardive
1843, M. Villemain, ministre de l'Instruction Publique, fait adopter un projet
de loi pour faire une publication d'ensemble de l'oeuvre de Fermat aux
frais de l'État.
Août 1844, Guillaume Libri qui avait annoncé dans un article du
Journal des Savants datant de 1839 avoir retrouvé à Metz au cours
d'une vente publique un lot de lettres encore inédites de Fermat, se
voit confier ce projet de publication. On lui adjoint un jeune
mathématicien à l'avenir prometteur, Théodore
Despeyrous, originaire de Beaumont de Lomagne. Guillaume Libri fait traîner
le projet. En 1848, on découvre qu'il a détourné et vendu à son
profit des oeuvres et des manuscrits.
1879, Monsieur Charles Henry publie un travail intitulé :
"Recherches sur les manuscrits de Pierre de Fermat" à la
suite duquel il reçoit un courrier du prince Baldassare Boncompagni lui
signalant qu'il a acquis deux manuscrits renfermant des pièces
inédites de Fermat qu'il est disposé à communiquer en vue d'une
nouvelle publication des oeuvres du mathématicien.
Le 16 février 1882, une nouvelle proposition de loi est faite à la
chambre. Les travaux préparatoires à l'édition sont confiés à Paul
Tannery et Charles Henry, l'impression à Gauthier Villars et fils,
éditeurs.
1896, les oeuvres de Pierre Fermat en 4 tomes paraissent enfin, ce qui
permet aux générations suivantes de prendre connaissance d'une partie
de ses travaux : Oeuvres complètes de Fermat, Paul Tannery et Charles Henri, 1891-1912 (4 tomes, épuisé)
Une réédition est en cours :
Oeuvres de Pierre Fermat, La théorie des nombres, textes traduits par Paul Tannery, commentés par
Roshdi Rashed, Christian Houzel, Gilles Christol, librairie Blanchard, 1999.
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