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NOTICE HISTORIQUE SUR LA VILLE DE BEAUMONT-DE-LOMAGNE


(Extrait du IVe volume, actuellement sous presse, des Documents historiques sur le département de Tarn-et-Garonne, par M. Francois Moulenq.) BEAUMONT-DE-LOMAGNE - Beata Maria de pulchro Monte. - Église du Pin, annexe. - Archiprêtrè à la collation de l'évêque de Montauban. (Bibliothèque Nationale, Pouillé du diocèse de Montauban dans la Collection Moreau, Vol. 787 f°  276, ancien fonds de Fontelle, portefeuille XXIX, a.)

Dès que Géraud de Selles eut fondé l'abbaye de Grandselve (1114), il se préoccupa d'en agrandir les domaines afin de donner à ses religieux un aliment suffissant à leur activité. A cet effet il acquis des terres importantes, situées entre les quatre églises de Gaudonville, de Beaumont, de Riqueselle ou Ricancelle et de Saint-Germain, et l'abbaye fut confirmée dans ces possessions, au mois de janvier 1117 par Amélius, évêque de Toulouse, et en 1142 par le pape Innocent  II (Gallia christiana, XIII, instr. col. 15 et 18.. Il existait donc, en 1117, au lieu de Beaumont un groupe d'habitations qui avait dès lors son église.

Dans le siècle suivant, les moines de Grandselve concurent le projet de fonder une ville franche, qui serait comme la capitale. de leurs possessions. A cet effet ils choisirent, le lieu de Gilhac, et ils appelèrent les populations du voisinage à y fixer leur demeure en leur accordant des privilèges particuliers qui furent consignés dans une charte en date du 23 décembre 1274. L'analyse de cette charte, provenant des titres de l'abbaye de Grandselve et appartenant à la Société archéologique du Midi de la France, a été publiée par M. Edmond Cabié, dans les Archives historiques de la Gascogne, Ve fascicule, sous le titre de « Coutumes historiques de la Gascogne toulousaine " p. 118. On y remarque une grande analogie avec avec les coutumes concédées plus tard aux habitants dé Beaumont, que nous donnons ci-après.).

Afin de rendre leur autorité plus efficace, les moines mirent la ville nouvelle sous la protection immédiate du roi, en lui donnant la moitié de la ville et de tous les droits seigneuriaux que l'abbaye y percevait, par un acte de paréage dressé en conséquence le 30 mars I275 (Ce paréage a été également publié par M. Cabié dans le même ouvrage). Mais ils ne tardèrent pas à s'apercevoir que leurs projets n'obtiendraient pas le succès sur lequel ils avaient compté, car, dans la même année 1275 ils avaient déjà fondé, dans le voisinage de Gilhac, une seconde bastide à Beaumont (Voyez ci-après), qu'ils mirent aussi sous la protection du roi, ainsi que cela résulte d'un acte de paréage qu'ils firent avec Pierre de Jolalhi, lieutenant dit sénéchal de Toulouse (Voyez ci-après), lequel fut remplacé par le paréage de 1279 que nous donnons ci-après (Voyez ci-après).

La bastide de Beaumont acquit bientôt une grande importance, et les habitants affluèrent dans ses murs, attirés par les coutumes libérales que le roi Philippe-le-Hardy leur avait concédées au mois d'août 1278 (Voyez ci-après). Dès ce moment l'organisation communale de la ville fut complète. Elle se composait d'un bayle, de 6 consuls avec leurs sergents, d'un juge avec ses agents et plusieurs notaires ; elle avait sa maison municipale et une halle. Deux foires annuelles et un marché par semaine y furent établis. L'église seule faisait défaut, car l'église primitive était située hors des murs ; mais l'abbaye fut autorisée à construire une église ou une chapelle dans l'intérieur (infra  clausuras) de la bastide (Voyez ci-après).
Cette église, telle qu'elle existe aujourd'hui, parait avoir été déjà en construction dès l'année 129O (Voyez ci-après). L'église primitive dépendait de l'archiprêté de Garnier (Guarnesii) (Voyez ci-après Le nom de Beaumont de Garnier ou de Grenier était encore admis au XVe siècle (minutes de Pierre Servientis, notaire de Beaumont, de 1487 à 1488). Ce nom était donné aussi aux villes du Mas et de Beaupuy, ce qui a fait supposer que le grand territoire qui s'étend en triangle du Mas Grenier à Beaupuy-Grenier et à Beaumont-de-Grenier appartenait jadis a une puissante famille, qui lui donna son nom. (Note de M. l'abbé Galabert. curé d'Aucamville.) ; mais. elle était devenue, avant 1280, chef-lieu d'un archiprêté, appelé Beaumont de Garnier, et qui fut transféré dans la nouvelle église, dès qu'elle fut terminée. Le large développement donné à cette dernière indique qu'elle dut contenir, dès le principe, une population nombreuse. Plus tard, ruinée, saccagée, pillée en maintes reprises (Elle fut notamment livrée au pillage au mois de décembre 1580 par les protestants, qui enlevèrent tous les titres et papiers qu'ils y trouvèrent (Arch. de l'hôtel-de-ville de Beaumont. livre de comptes des marguilliers de cette ville.), elle fut réparée par la piété des habitants ; mais il n'y purent toujours suffire. Il fallut notamment que le roi Henri III, par ses lettres du mois de mai I582, les exemptât de la moitié de leurs impositions, pour faciliter les grandes dépenses qu'ils avaient à y faire et réparer les grandes pertes qu'ils avaient éprouvées pendant les guerres de religion. Les outrages que l'église avait reçus pendant ces guerres furent alors réparés, et elle resta ce qu'elle est encore aujourd'hui, un chef d'oeuvre d'architecture ogivale.

Cette église devint en fait, pendant les années 1430 et 1431, cathédrale du diocèse, l'évêque Bernard de la Roche-Fontenille ayant fixé à cette évoque sa résidence à Beaumont, après avoir été expulsé de Montauban par les Anglais (Arch. Nat., K. 101, Perrin, Histoire de l'Eglise de Montauban, P. 241 ; manuscrit original, collection Emeran Forestié.). Ce fut lui, croyons-nous, qui établit dans ladite église, ainsi qu'il le fit à Castelsarrasin, une Consorce ou collège de douze prêtres, qui existait encore en 1789 (2è cahier des déclarations, des bénéficiers du dioc. de Montauban, communiqué par M. Emeran Forestié). Dès ce moment les offices y furent célébrés avec toute la pompe que comportait la beauté de l'édifice, d'autant que le clergé de la ville y fut toujours fort nombreux. Il résulte, en effet, du procès-verbal de visite dressé, le 23 août 1551, par François Poirsson, docteur-régent en la Faculté de Théologie de Cahors, à ce commis par l'évêque Jean de Lettes, que l'église de Beaumont était desservie à cette époque par un archiprêtre, deux vicaires et cinquante trois prêtres, non compris les douze prêtres de la Consorce (Arch. de Tarn-et-Garonne, G. 209).

Le curé de Beaumont avait, avons nous dit, le titre d'archiprêtre, mais ce titre était purement honorifique et était accompagné de très modestes revenus, car les dîmes qui en constituaient la part la plus importante ne lui étaient dévolues que pour un tiers ; les deux autres tiers appartenant à l'évêque de Montauban et à l'abbé de Grandselve (Arch. de Tarn-et-Garonne, G. 177. ).
Cependant ces retenus étaient évalués en I762 à 1,288 livres (Arch. de Tarn-et-Garonne, G. 191) et en 1790 à 3,280 livres 11 sols (J. Frayssinet, Beaumont et Toureil). Nous donnons ici les noms de plusieurs de ces archiprêtres, savoir : Raymond Athon en 1296 ; Bernard de Terride en 1343; Jacques de Lauret en 1525; Dominique de Lartigue en 1594; Pierre de Bonnefous, théologal du chapitre de Montauban, en 1628; Jean de Bonnefous, aumônier du roi, docteur en théologie, en 1645; François Loume, docteur en théologie, en 1700; Pierre Sabatié Delpech, en 1734; Raymond Albepar, en 1752 ; Jean-Baptiste Savy, en 1753 ; Antoine Lherétier, en 1759; N. Durel, en 1772; N. Delboy, en 1789.

Beaumont et la plupart des terres de l'abbaye de Grandselve, étaient environnés de toutes parts, par les possessions des vicomtes de Gimois. C'est ce qui a fait supposer aux historiens du Languedoc et à Froissart, que cette ville appartenait à Bertrand, comte de l'Isle-Jourdain,  vicomte de Gimois, général de l'armée française (Hist. de Languedoc, VII, 155, col. 2.), 

Ce général, après avoir été battu à Bergerac et à Auberoche, s'étant enfermé dans la Réole en 1345, les Anglais, dit Froissart, allèrent assiéger « Beaumont en Laillois, (pour l'Islois), bonne ville et grosse, qui se tenait liègement de comte de Lille. Si furent les Anglais trois jours pardevant et y firent maints grands assauts, car elle était bien pourvue de gens d'armes, et la défendirent tant qu'ils purent durer. Finalement elle fut prise et y eut grand occision de ceux qui dedans furent trouvés (Chroniques, liv. 1, chap. IV Tome 1, p. 188.) ».

Les comtes d'Armagnac, qui n'acquirent qu'en 1420 la moitié de la vicomté de Gimois (F. Moulenq, Docum. hist., IV, Labourgade.), paraissent aussi avoir eu antérieurement des prétentions non seulement sur cette vicomté, mais encore sur la ville de Beaumont., qu'ils habitaient souvent. Le comte Jean II, notamment y fit son testament, le 5 avril 1373 (P., Anselme, Hist. des gr. offic. de la Couronne. III, 417.), et y mourut à la fin du mois de juin suivant (Monlezun, Hist. de la Gascogne, IV, 428.). Nous voyons enfin Charles, duc d'Alençon, comte d'Armagnac, qualifié vicomte de Beaumont-de-Lomagne, d'Auvillars et de Brulhois dans l'hommage que lui rendit le 6 janvier 1521  Jean de Luppé, pour la terre de Gensac, mouvant de la vicomté de Lomagne (Arch. de la Soc. arch. de Tarn-et-Garonne. tit. à class.), mais en fait Beaumont ne cessa d'appartenir au roi et à l'abbaye de Grandselve jusqu'à ce que, perdant de vue la clause du paréage de 1279, portant que le roi Philippe le Hardi, non plus que ses successeurs, ne pourraient donner, léguer ou vendre la bastide de Beaumont si ce n'était à l'abbé de Granselve, le roi Louis XII la vendit au mois de décembre 1639, par acte passé devant Bessias, notaire à Toulouse (Arch. Hôtel-de-ville de Montauban, tit. transcrit en tête du reg. des délibérer. de la jurade des, années 1650 et suivantes.), à Henri II de Bourbon, prince de Condé, duc d'Enghien. Ce dernier se qualifie vicomte de Beaumont dans l'acte de prise de possession de cette ville et de la seigneurie, reçut par Fabet, notaire à Grenade, le 15 dudit mois de décembre (Arch. Hôtel-de-ville de Montauban, tit. transcrit en tête du reg. des délibérer. de la jurade des, années 1650 et suivantes.), et dans une ordonnance, qu'il rendit le 3 janvier suivant, par la quelle il exempta les habitants de Beaumont  du logement des gens de guerre (Arch. Hôtel-de-ville de Montauban, tit. transcrit en tête du reg. des délibérer. de la jurade des, années 1650 et suivantes.), alors que depuis longtemps cette ville et celle de Mauvesin servaient de garnison à toutes les compagnies de gens d'armes qui séjournaient en Gascogne (Bibl. Nat. manusc. fonds français, vol. 18, 587 f° 93, précédemment fonds de Saint-Germain, vol. 373, f° 23., communiqué par M. le baron de Ruble.)

La ville de Beaumont étant restée fidèle au roi de France pendant la guerre de Cent Ans, le duc de Berry, gouverneur du Languedoc, voulut lui donner un témoignage de sa satisfaction en concédant, le 28 avril 1384, aux habitants des lettres par lesquelles il déclarait qu'ils ne devaient pas être compris parmi ceux de la Province, qui avaient été condamnés à payer 800,000  francs d'or, pour leurs rébellions précédentes mais il convient d'ajouter que cette concession n'était pas spontanée, car, pour l'obtenir, la ville avait déjà payé à ce prince, qui en avait fait son profit particulier, une somme de 1,000 francs d' or (Hist. de Languedoc, VII, 37.).

Il semble résulter d'un arrêt rendu le 18 février 1525, par le parlement de Toulouse, que les idées de la réforme commençaient déjà, à cette époque, à s'introduire dans Beaumont. Par cet arrêt, rendu à la requête de Jacques de Lauret, archiprêtre, et des conseils de  Beaumont, le Parlement condamna Antoine de Samezan, Manaud de Labruguière et Antoine Bourdonnier aîné, coupables de congrégation illicite et de sédition, à venir un jour de dimanche à « l'église parochielle du lieu de Beaumont de Lomagne, qu'on appèle Notre-Dame de Saint-Girons (sic) et illec, incontinent après la Grand messe, à genoux, tête découverte, tenant chacun une torche allumée, du poids de 2 livres, dire et confesser par la bouche, que follement témérairement et indiscrètement, ils ont fait et commis lesdits excès, dont s'en repentent et en demandent pardon à Dieu, au roy et à la justice (Arch. de la Haute-Garonne, fonds du Parlement de Toulouse, 209 de l'année 1525, f° 99, 1°).». En 1561, on comptait., en effet, un certain nombre de protestants, dans la ville, car 25 d'entre eux, s'étant assemblés le 25 février de ladite année, pour faire leur prière, « eussent été massacrés, s'ils n'eussent fait tête si à bon escient, dit Théodore de Bèze, à ceux qui les assaillaient, qu'un d'iceux demeura sur le même champ et un autre fut bien blessé, ce qui feist retirer les assaillants (Histoire des Églises réformées, édit. de Toulouse, 1. 810.) ».

Dans les derniers mois de l'année suivante, la lutte menaçait de devenir sérieuse par la violence des catholiques ajoute le même auteur, dont la partialité n'est point douteuse, cinquante prêtres fondirent selon lui, l'épée à la main sur les réformés  et les forcèrent à prendre les armes (Histoire des Eglises réformées, I, 433.), heureusement M. de Fontenilles (Philippe de La Roche de Fontenilles avait épousé, le 25 janvier I557, Françoise de Massencome, fille de Blaise de Massencome-Monluc, seigneur de Monluc, et d'Antoinette d'Yzalguier de Clermont (Courcelles, Histoire des Pairs de France, I, La Roche-Fontenilles, p.8.), gendre de Blaise de Monluc, qui tenait garnison dans Beaumont avec toute la compagnie de son beau-père (Samazeuilh, Histoire de l'Agenais, II, 94.), empêcha les deux partis d'en venir aux mains. Cependant les catholiques, étaient en très grande majorité dans, la ville, et en étaient maîtres lorsque les calvinistes vinrent, en 1570, en faire le siège, durant lequel Louis de Villemur chevalier de l'ordre du roi, qui commandait la place au nom du roi, y fut tué d'un coup de canon (Lainé, Arch. de la noblesse, III, Villemur, p. 29.). Mais les calvinistes furent vigoureusement repoussés. Bien plus, en 1577 les habitants ayant appris que le roi de Navarre, en marche vers Montauban, s'approchait de leur ville, dirigèrent contre lui une attaque, dans laquelle ils furent repoussés (Samazeuilh, Histoire de l'Agenais, II, 29.). Après avoir pris Cahors, le 5 mai 1580 le prince se rendit dans la Gascogne pour combattre les troupes que le maréchal de Biron faisait lever dans le pays, et défit quelques compagnies du côté de Beaumont et de Vic-Fezensac. Enfin, le 5 décembre de la même année (Arch. de l'hôtel-de-ville et Mémoires de Sully, chap. IX.), les religionnaires firent le siège de Beaumont et s'en emparèrent, mais ils n'y séjournèrent que jusqu'au 21 janvier de l'année suivante (Arch. de l'hôtel-de-ville et Mémoires de Sully, chap. IX.).

La ville de Beaumont ne paraît pas avoir pris une part sérieuse dans les guerres de religion du XVIIè siècle; il n'en fut pas de même dans celles de la Fronde. Les frondeurs s'y établirent pendant trois mois en 1651 et 1652, et en firent le quartier-général de leurs opérations. Les habitants, menacés d'être assiégés par l'armée royale, ne comprirent qu'alors qu'ils avaient été trompés par le prince de Condé, leur seigneur, et par ses agents, dont ils ne soupçonnaient pas la révolte, car tous leurs ordres, étaient donnés au nom du roi (Arch. de l'hôtel-de-ville et Mémoires de Sully, chap. IX.).  Cependant, épuisés par les exactions de Guyonnet, intendant de l'armée des princes, et par les logements des gens de guerre, ils furent obligés de faire leur soumission au roi, par un traité, dit de pacification, fait  au mois de mars 1652, par l'entremise de plusieurs conseillers au parlement de Toulouse (Revue de Gascogne, VIII : « Un village de Gascogne pendant les guerres de la Fronde », par M. le docteur Desponts.), aux termes duquel ils furent condamnés à payer au roi une indemnité de 14,000 livres (Arch. de l'hôtel-de-ville de Beaumont, registre de délibérations de la jurade, in-f°, f° 141, v°.); ils évitèrent ainsi le siège de l'armée royale, dont ils avaient été menacés et qui aurait mis le comble à leur misère. Cependant ils restèrent pendant plus d'une année dans la situation la plus perplexe. Tout en obéissant aux ordres du roi, ils avaient à redouter la colère du prince de Condé, leur seigneur, et, en parcourant les registres des délibérations de leurs jurats on les voit, pendant tout ce temps, envoyer à chaque instant des députations, tantôt au roi, tantôt ait prince, soit pour les assurer de leur fidélité, soit pour payer les sommes qui leur étaient fréquemment réclamées sous des prétextes plus ou moins justifiées.  Néanmoins Beaumont reprit bientôt son ancienne  prospérité, car on y comptait, en 1702, 4,731 habitants (D'après le recensement de 1881 il y aurait, de nos jours, 360 habitants de moins à Beaumont.),  parmi lesquels beaucoup de bourgeois, gens d'esprit et pointilleux (C. Daux, Le grand Séminaire de Montauban avant la Révolution, p. 98.), le domaine royal était toujours alors la propriété des princes de Condé, mais ils l'aliénèrent ensuite au profit des habitants, qui devinrent ainsi complètement indépendantes, à la charge par eux de payer à leur ancien seigneur une rente de 500 livres, qui figure tous les ans dans les comptes consulaires jusque au moment de la Révolution. - Beaumont dépendait de l'élection de Rivière- Verdun, dont le siège était ordinairement à Grenade (Cathala-Coture, Mém. hist. sur la Général. de Montauban.), et envoyait des députés aux États du Languedoc. C'est ainsi que ses consuls assistèrent en 1425, aux États tenus à Castelsarrasin (Histoire de Languedoc, VIII, 32.), et qu'ils furent convoqués le 6 avril et le 20 mai 1430, à Béziers et à Montpellier. (Histoire de Languedoc, P. 42 et 46.). La ville était, avec celle de Montauban, la seule, dans le diocèse (Questionnaire du XVIIIè siècle, dans les archives de l'auteur.), qui fût classée comme ville murée.

ÉTABLISSEMENTS CHARITABLES ET RELIGIEUX DE BEAUMONT.

Hôpitaux. - Il existait en 1551, dans cette ville, deux hôpitaux dits, l'un de Saint-Cézert, l'autre de Saint-Jacques, qui avaient été fondés anciennement par des habitants du pays et dont l'administration était confiée à quatre notables nommés par les consuls (Arch. de Tarn-et-Garonne, G. 209, f° 28 à 32). Ces établissements furent remis, au XVIIe siècle, en un seul hôpital, dit du Saint-Esprit, dont les revenus annuels s'élevaient à environ 600 livres (Cathala-Coture, Mém. hist. sur la Général. de Montauban.), et qui était dirigé par un aumônier, ordinairement prêtre consorciste de la paroisse, nommé par l'évêque de Montauban, sur la présentation de l'archiprêtre (2e cahier des déclarations des bénéficiers du dioc. de Montauban).

Couvents. - Couvent des Cordeliers ou religieux de la régulière observance. - Il fut fondé au XVIè siècle sur la rive droite de la Gimone, au lieu dit aujourd'hui l'Observance, sur une pièce de terre de la contenance de quatre arpents qui fut donnée aux religieux par M. Antoine de Cédail, gouverneur de la ville et château de Verdun, pour y construire leur couvent, par un acte approuvé par le roi François Ier, en vertu de ses lettres patentes datées du mois de décembre 1516 (Tit. commun. par M. le chanoine Pottier). Ce couvent ayant été détruit pendant les guerres de Religion, les religieux demandèrent, en 1584, au roi l'autorisation de vendre le terrain sur lequel il s'élevait ainsi que les terres environnantes, pour, avec le prix de cette vente, construire un nouveau couvent dans l'intérieur de la ville. Ils n'obtinrent que plus tard cette autorisation, mais, en attendant, ils bâtirent, à la longue, une église et leurs logements avec les matériaux provenant des ruines de leur couvent primitif, et ils ne terminèrent leur maison, par la construction des cloîtres, qu'après avoir vendu, le 3 juin 1633, les terres de leur ancien couvert, à M. Jean Vernhes, avocat au parlement, moyennant la somme de de 600 livres (Tit. commun. par M. le chanoine Pottier). Ce couvent existait encore en 1790 (2e cahier des déclarations des bénéficiers du dioc. de Montauban. Commun. par M. Em. Forestié.)

Couvent de Sainte-Claire. - Les Soeurs de Sainte-Claire, appartenant à la section de cet ordre, dite des Urbanistes, dont la règle, moins sévère que celle des deux autres sections du même ordre, fut approuvée par le pape Urbain VI (Cathala-Coture, Histoire manusc. de la Généralité de Montauban. Commun. par M. Em. Forestié), vinrent s'établir à Beaumont, dans une maison qui leur fut donnée, le 28 juillet 1628, var Antoine Arnaud de Faudoas, seigneur d'Avensac (Histoire générale de la Maison de Faudoas, p. 172). Ce couvent figurait en 1790 parmi les établissements religieux de la ville de Beaumont (2è cahier des déclar. des bénéfic. du dioc. de Montauban). Il existe encore aujourd'hui, transformé en école libre dirigée var les religieux de la société de Marie.

Couvent des Augustins. Il existait au XVIIè siècle ( Cathala-Coture. Histoire man. de la Généralité de Montauban), mais il avait disparu avant la Révolution.

 

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