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Fabienne BARAVALLE

Fabienne est professeur de sciences économiques et sociales. Pour elle, la lecture est une véritable passion et l'écriture une ivresse.

«Les mots deviennent alors des dompteurs d'émotion, les personnages, faussement dociles, tracent leur propre chemin dans notre imaginaire. Ils utilisent nos souvenirs pour se forger leur propre identité et nous échappent soudain.»

«J'ai perdu mon reflet peu à peu et je l'ai cherché dans tous ces miroirs. [...]Je voyais une femme plus très jeune accoutrée comme un saucisson.

Subitement je comprenais la métaphore boudin.»

Un texte poignant écrit à la première personne. Une femme, soumise aux envies de son corps que seule la nourriture apaise. Creuser ce corps : un pari presque impossible. Protégée par la vitre sans tain de ses souvenirs, la jeune femme s'observe et s'analyse sans pudeur ni tabou. Loin des miroirs et de leurs reflets, le ton restera vif, léger et presque drôle.

PUBLICATION en 2006

Miroir déformant Editeur : Art média, Laugnac, France

Extrait :

Peut-être qu'au fond, le problème c'est que je ne me sens chez moi nulle part. Ni chez les protestants, ni chez les catholiques, ni chez les sans foi. Ni chez les profs, mes collègues, ni chez les non-profs, les autres. Ni chez les femmes, mes soeurs, ni chez les hommes. Ni chez les gens de droite, ni chez les gens de gauche.
Ni chez les minces, ni chez les grosses.
Me croient-ils des leurs ? Savent-ils que je suis clandestine ? Heureusement, je comprends leur langue et connais suffisamment leurs rites pour ne pas commettre trop d'impairs.
J'écoute les grosses raconter leurs régimes et les minces aussi... les femmes. Parfois des filles qui ont 2 kilos de trop. Je sais désormais me taire. Parfois une grosse m'explique comment elle a perdu 5 kilos et comment elle continuera à en perdre 10. Silence.

La fatigue me joue des tours. Je crois avoir entendu des dizaines de fois ce que me racontent mes collègues, mes proches. Je suis découverte, ils ont compris que je ne comprends rien. Ils martèlent leurs mots. J'ai le crâne attaqué. «Pitié, taisez-vous, je me rends, je suis d'accord, les politiques sont pourris, les flics sont fachos, on est exploité. À bas la mondialisation ! À bas les OGM !»
 

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